Pour une caricature non publiée

Un caricaturiste algérien risque la prison

Karima Oufli pour Tamurt.info

 

 
 

 

Dénoncé par son directeur, le journaliste est inculpé d’« outrage au président de la République », « abus de confiance » et « accès frauduleux dans un système de traitement automatisé de données ».

15/02/2014 – 15:35 mis a jour le 15/02/2014 – 18:32 par Karima Oufli
 

 

Le pouvoir algérien ne recule devant rien. A l’approche de l’élection présidentielle, il redouble de férocité envers la presse et tous les canaux d’expression. Pour une caricature sur la santé de Bouteflika, Djamel Ghanem, dessinateur de presse, risque 18 mois de prison ferme et 30 000 dinars d’amende pour une caricature pourtant non parue dans son quotidien La Voix de l’Oranie.

Dénoncé par son directeur, le journaliste est inculpé d’« outrage au président de la République », « abus de confiance » et « accès frauduleux dans un système de traitement automatisé de données ».

Au cours de son procès, le dessinateur a en outre expliqué au président du tribunal que ses propos, contenus dans les procès-verbaux d’audition devant la juge d’instruction de la 7echambre, ont été obtenus par des intimidations et sous des pressions exercées par ce magistrat. 
« Si les médias et l’opinion se taisaient sur cette atteinte à la liberté d’expression et ces violations des droits d’un citoyen dans les bureaux d’un juge, les tribunaux pourraient demain condamner un journaliste pour avoir pensé du mal du président de la République, d’un gradé de l’armée, d’un ministre ou d’un élu », nous a déclaré une journaliste algérienne.

Les journalistes algériens subissent de fortes pressions par le régime, surtout ceux qui essayent de se frayer un petit chemin de liberté. Au moins dix journalistes sont poursuivis en justice et risquent la prison. Les algériens n’ont même pas le droit de rêver de liberté. Les persécutions et les atteintes à la liberté de la presse et d’expression et aux libertés individuelles et collectives se multiplient avec la complicité de la classe politique.

Karima Oufli

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