La directive d’Abdelaziz Bouteflika, rendue publique la fin de la semaine dernière, n’a pas résisté au temps et à l’amour du pouvoir. Elle a été violée deux jours après par le Premier ministre Abdelmalek Sellal.

Alors que sa fonction de Président de la Commission nationale de préparation des élections présidentielles lui recommande une neutralité ne serait-ce que sur le plan de la forme, Abdelmalek Sellal s’est montré insouciant et même provocateur en allant annoncer lui-même la candidature d’Abdelaziz Bouteflika pour un quatrième mandat. Un comportement prouvant que la commission technique n’a plus de valeur légale. C’est surtout une preuve supplémentaire que l’élection risque de ne pas être transparente ou honnête. Pis encore, cette prise de position de celui qui sera probablement le Directeur de campagne du candidat Bouteflika remet en cause toutes les promesses faites jusque-là par les responsables de l’Etat s’agissant d’une élection “libre” et “crédible”.
L’opposition, y compris les partis et personnalités qui vont participer au prochain scrutin, ont fait vite de comprendre que les promesses du pouvoir ne résistent pas au temps. Des hommes avertis, à l’image d’Abdellah Djaballah et Saïd Sadi, ont déclaré depuis plusieurs mois que l’élection est biaisée d’avance.
Autre signe d’une violation caractérisée des lois prduites elles-mêmes par le pouvoir : pour la première fois depuis l’annonce de la tenue de l’élection présidentielle, la télévision publique, qui doit normalement observer la neutralité absolue, a tenté d’orienter et d’influencer l’opinion publique en passant uniquement en boucle l’annonce de la candidature d’Abdelaziz Bouteflika.
Force est de constater également que cette même télévision, censée appartenir à tous les Algériens de toutes les tendances, a passé presque sous silence l’annonce des autres candidatures. Le régime algérien s’est empressé donc de faire entorse à ses propres règles. Pourtant, 3 jours avant, le même personnage avait demandé aux médias publics de « traiter les candidats avec équité ». Autrement dit, Selall et l’ENTV ont déjà entamé le processus de fraude.

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