Manipulation par ricochet

Uhric Aqvayli pour Tamurt.info

 

 
 

 

En Kabylie, la tendance dominante plaide pour bouder la prochaine mascarade électorale. Et on y distingue aussi trois courants : Le MAK qui rejette carrément les élections organisées par le pouvoir algérien. Il rejette de ce fait le système dans sa totalité, remettant en cause la nature même de l’Etat d’Alger hérité de la colonisation et non pas uniquement un clan. Le FFS qui temporise étant donné que Hamrouche qu’il devait soutenir se rétracte. Et le RCD qui boycotte en choisissant comme alliés ses adversaires d’hier Ennahda et le MSP, deux partis islamistes qui ont exigé l’emprisonnement de tous les kabyles qui ont participé au déjeuner républicain du 03 aout 2013.

03/03/2014 – 14:26 mis a jour le 03/03/2014 – 14:26 parContribution d’Uhric Aqvayli
 

 

Comme d’habitude, l’élection présidentielle algérienne est fermée. Elle se joue entre candidats issus des deux clans qui s’affrontent théoriquement au sommet de l’Etat néocolonial d’Alger. D’un côté, le DRS qui feint de tenir Bouteflika qu’il a imposé depuis 1999 pour seul responsable de tous les maux qui rongent l’Algérie et de ce fait, il se présente comme seule voie de salut et par conséquent actionne ses leviers contre le 4e mandat. D’un autre côté, le clan présidentiel qui incombe la responsabilité du chaos algérien au DRS et présente Bouteflika comme le seul candidat capable de libérer l’Algérie des mains de la police politique.

En définitive, le reste des algériens ne vaut rien. Tout se joue entre ces deux clans dont chacun s’érige en sauveur de l’Algérie face à l’autre. En réalité, ils conjuguent leurs efforts chacun à leur façon pour sauver le système qui n’a que trop duré. 
Le salut de « l’Algérie » devrait impérativement passer par l’un des deux protagonistes étant donné que dans cette Algérie dite indépendante depuis 1962, il n’y a pas de forces vives ni de compétence en dehors du régime en place. Telle est l’image reflétée par cette lutte clanique hyper médiatisée.

Sur la scène politique algérienne, on distingue trois courants : Les partisans du 4e mandat, les partisans du DRS qui activent contre le 4e mandat et les tenants du boycott et du rejet. 
En Kabylie, la tendance dominante plaide pour bouder la prochaine mascarade électorale. Et on y distingue aussi trois courants : Le MAK qui rejette carrément les élections organisées par le pouvoir algérien. Il rejette de ce fait le système dans sa totalité, remettant en cause la nature même de l’Etat d’Alger hérité de la colonisation et non pas uniquement un clan. Le FFS qui temporise étant donné que Hamrouche qu’il devait soutenir se rétracte. Et le RCD qui boycotte en choisissant comme alliés ses adversaires d’hier Ennahda et le MSP, deux partis islamistes qui ont exigé l’emprisonnement de tous les kabyles qui ont participé au déjeuner républicain du 03 aout 2013.

L’annonce de la candidature de Bouteflika a été une surprise pour certains vu son état de santé qui se détériore et qui ne lui permet pas de vivre normalement alors que dire de la gestion des affaires de l’Etat. Le DRS fera tout pour empêcher l’élection de Bouteflika. La candidature de ce dernier est utilisée pour fermer les élections et écarter des candidats potentiels, d’une part, et de donner l’impression que ce scrutin va être propre du fait des tensions, au sommet du pouvoir, donnant ainsi l’impression qu’il ne pourrait y avoir de fraude. Donc, une bonne opération de marketing politique destinée à la consommation internationale.

Le DRS a d’ores et déjà commencé à activer ses réseaux pour provoquer un semblant de soulèvement populaire contre le 4e mandat pour justifier la prochaine défaite de son ancien dauphin : Bouteflika. Les derniers rassemblements contre le 4emandat ne sont que des mises en scène orchestrées par le DRS. Comme preuve, les initiateurs comme les participants, ne sont pas contre les élections. Leur initiative est une prise de position contre le président-candidat donc contre un clan mais sans appeler au boycott de cette présidentielle de la honte. 
De ce fait, il y a un parti pris pour un autre clan donc pour un autre candidat. Lequel ? À eux d’avoir le courage politique d’assumer leur soutien pour Ben Flis ou un autre. Eh oui, Ben Flis est le candidat du DRS selon le FFS. Ceux et celles qui manifestent contre le 4e mandat donc pour la participation aux élections de la honte, n’ont pas levé le petit doigt quand Bouteflika et ses parrains du DRS, car le système ne peut être réduit à la seule personne de Abdelkader Mali, assassinaient les jeunes kabyles en 2001. 
La Kabylie a été réprimée par tous les présidents algériens, par tous les pouvoirs successifs qui partagent le caractère arabo-islamique de l’Algérie dont l’anti-kabylisme est le carburant idéologique. La Kabylie a rejeté Bouteflika et ses prédécesseurs, depuis 1962. Elle n’a pas attendu 2014 pour l’assumer. 
La Kabylie n’a pas à choisir son bourreau parmi les deux clans qui s’entendent toujours à son détriment, qui s’unissent contre elle pour trouver des compromis afin de permettre au système de se stabiliser.

Quant au choix entre Bouteflika et un autre candidat, ça relève vraiment de l’immaturité et de l’amateurisme politique car cela sous-entend que dans le régime il y a les bons et les mauvais. Le régime algérien est démoniaque à l’image des démons qui l’incarnent. On ne choisit pas entre la peste et le choléra. Une Kabylie qui participe sous prétexte de choisir le moins mauvais parmi ses bourreaux est une Kabylie normalisée et qui signera son arrêt de mort du fait qu’elle reconnaîtra le régime qui ne jure que par sa disparition et elle servira de caution démocratique à son oppresseur pour mieux la réprimer. 
Puisqu’il s’agit de maturité et de ruse politique, alors le système sera encore plus fragile et plus facile à abattre avec un Bouteflika moribond, ce qui va attiser les luttes pour sa succession, qu’avec un autre président qui va lui permettre de se régénérer, de se ressourcer, de se doter d’une « légitimité » populaire qui lui assurera la stabilité et la cohésion donc la pérennité.

Quelle que soit l’issue de l’élection présidentielle avec une participation populaire consistante, le seul vainqueur sera le système. Car l’enjeu principal de ce scrutin de la honte est le taux de participation et non pas le résultat car tout est déjà décidé. La Kabylie ira toujours dans le sens de sa libération. Elle rejettera ces élections comme ses résultats. Elle se soustraira à cette lutte des clans et elle ne sera victorieuse que le jour où elle arrachera son droit à l’autodétermination pour fonder son propre état. Tout le reste est littérature.

Bravo au MAK qui a des positions claires et précises.

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