mardi 18 mars 2014

«Cette élection est une parodie» – Actualité – El Watan

 

 

 

Sid Ahmed Ghozali au Forum de Liberté

«Cette élection est une parodie»

le 18.03.14 | 10h00
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Sid Ahmed Ghozali est un homme inquiet. L’ancien chef de gouvernement,
dont le parti Front démocratique n’est pas agréé depuis 14 ans, prédit
un avenir peu radieux au système algérien.

  Lors d’un débat organisé par le journal Liberté, le président du Front
démocratique a usé d’un ton très dur contre le système qui connaîtra,
selon lui, «une fin inéluctable». «En ce moment peu glorieux pour notre
pays, je veux prendre date : j’alerte l’opinion et mets solennellement
en garde le pouvoir : à force de refuser le changement dans l’ordre,
nous aurons le changement dans le désordre, c’est-à-dire le pire des
changements», alerte, solennel, Sid Ahmed Ghozali qualifie l’élection du
17 avril prochain de «fumisterie».

Pis encore, l’ancien chef de gouvernement, qui avoue avoir démissionné
en 1992 parce que son gouvernement était «incapable de protéger le chef
de l’Etat», estime que «quand il n’y aura plus d’argent à jeter par les
fenêtres, le pire viendra» et que «le pouvoir se rapproche de
l’implosion et nous emmène dans son sillage vers le chaos».

«Seule la légitimité populaire»

Pour l’homme politique, qui reconnaît aujourd’hui avoir été «serviteur
du système» sans y être, l’élection d’avril 2014 n’est qu’une mascarade.
«On joue depuis des mois, voire des années, avec la santé d’un homme,
pour se jouer de tout un peuple, sans craindre de donner au monde,
l’Algérie en spectacle, pour s’apprêter à de nouvelles présidentielles
préfabriquées», a-t-il affirmé. Plus loin, Ghozali estime que même le
retour aux affaires d’Ahmed Ouyahia et Abdelaziz Belkhadem fait partie
de «ce casting». «Et puis, ajoute-t-il, ce ne sont pas les personnes qui
posent problème, mais c’est le système dans son intégralité.»  Le
président du Front démocratique, qui revendique 10 000 militants, malgré
l’absence d’agrément, qualifie de «grave» la situation économique du
pays.


«En trois mandats (de Bouteflika), nous avons consommé près de 800
milliards de dollars sur les 1000 milliards engrangés depuis
l’indépendance. C’est très grave de compter uniquement, depuis 52 ans,
sur une richesse que nous n’avons pas produite. Cette rente provient
d’un don de la nature», s’est désolé celui qui était directeur général
de Sonatrach durant 14 années. Pour sortir de la crise, Sid Ahmed
Ghozali est convaincu que seul «un président élu par le peuple est
capable de résoudre la crise». Il explique son idée par «la légitimité»
dont bénéficiera ce chef de l’Etat.


Mais il prévient que cela ne peut arriver dans les conditions
actuelles. Pis encore, même «les tentatives d’ingérence étrangère ne
sont possibles que parce que les dirigeants ne sont pas illégitimes. Les
responsables se sentent souvent obligés de se mettre sous la protection
des puissances étrangères au lieu de se mettre sous la protection de
leur peuple», ajoute encore l’ancien ambassadeur d’Algérie à Paris.
Interrogé sur les événements de Ghardaïa, Sid Ahmed Ghozali accuse le
pouvoir de nourrir les divisions.

Ali Boukhlef

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