mardi 25 mars 2014

POLITIQUE ET PRESSE : Absence de visibilité politique

 POLITIQUE ET PRESSE : Absence de visibilité politique
Cet emballement de la scène politique crée une conjoncture inédite en Algérie et alimente, cette semaine encore, les commentaires de la presse mondiale qui relève, comme le fait Jeune Afrique, qu’ « une étrange atmosphère de résignation flotte dans le pays ». L’hebdomadaire du continent écrit, sous le titre «Bouteflika devant un théâtre d’ombres » : « Tout le monde pense deviner ce qu’il va advenir, mais personne, en fait, ne sait ce qui se trame en coulisses, y compris les supposés acteurs du 17 avril, date du premier tour de scrutin. Un flou artistique et un culte du secret. ! »
Et Jeune Afrique d’expliquer : « Le Chef de l’Etat, âgé de 77 ans, affaibli, mais néanmoins candidat à un quatrième mandat, une opposition tiraillée entre boycott et envie d’en découdre, le DRS donnant l’impression de s’opposer à ce nouveau bail de cinq ans, une absence totale de visibilité politique, un flot incessant de rumeurs,…. ».
Les dessous de la présidentielle » ; ce titre du New York Times pourrait suggérer des révélations. En fait, l’article « s’interroge sur les enjeux du vote et sur le rôle du DRS et de l’armée et rappelle que début septembre, A. Bouteflika a procédé à des changements au sein de ces structures, dont plusieurs attributions ont été transférées à l’Etat-Major, plusieurs officiers ayant été mis à la retraite. Et le 11 septembre, un remaniement a entraîné le départ de dix ministres et la nomination à des postes-clés (Intérieur et Justice) de deux membres de la garde rapprochée du président ».
« Pourquoi Bouteflika peut perdre la présidentielle ? ». Ce titre insolite deSlate Afrique, est en contradiction avec le corps du texte. Le magazine en ligne américain, qui le classe « dixième parmi les chefs d’Etat africains accrocs au pouvoir », précise que « malgré son état de santé précaire, il a toutes les chances de l’emporter. En effet, il dispose de tout l’appareil électoral.»
« L’Algérie fait un grand bond en arrière », constate Algérie Focus qui explique ; « Ce qui  a conduit l’Algérie aux années 70, c’est le FLN, les dépenses publiques catastrophiques, la mono-exportation et ses risques, les élections par bourrage d’urnes, l’exclusion des jeunes, les passe-droits,…. Comme aujourd’hui ! »
«La tension monte à l’approche de l’élection », titre La Croix qui constate« que le régime mise sur le souvenir glaçant de la guerre civile qui fit des dizaines de milliers de morts. Mais, s’il sait comment se maintenir, ajoute La Croix, il semble incapable de projeter le pays dans l’avenir. »
On sait que bien avant sa présentation officielle, la candidature du Président sortant a suscité, et continue de le faire, des manifestations à travers le pays contre ce quatrième mandat. A  ce propos, l’Humanité relève un changement d’attitude de la part des forces de police devant les manifestants de Barakat. Ce changement, précise le quotidien communiste français, a étonné plus d’un et rappelle que le Directeur Général de la Sûreté Nationale s’était prononcé pour une gestion démocratique des foules et avait imputé la répression à l’Administration (Wilaya). Le quotidien communiste français rappelle que «  Paris avait interpellé Alger, souhaitant que soient respectées les libertés  comme partout dans le monde »
 Cette précision suggère, sans aucun doute, une relation de cause à effet.
Enfin, les évènements de Ghardaïa retiennent de plus en plus l’attention des observateurs internationaux. Ainsi, s’interrogeant sur les causes des violences, l’Express écrit : « Tensions communautaires entre arabophones et berbérophones, manipulations ou délitement de l’Etat, sont quelques unes des pistes expliquant le phénomène. Aux tensions s’ajoute un autre fléau : Ghardaïa se trouve sur un axe de passage du trafic de drogue dont se plaignent aussi bien Mozabites que Chaambas ».
Pour Le Monde, « un climat de tension extrême et inquiétant perdure aux portes du Sahara à quelques semaines de l’élection. A maintes reprises, les violences à Ghardaïa ont été dénoncées comme le signe d’une déficience de l’Etat qui continue à nier tout différend communautaire ».
L’Express s’intéresse également au fait que  « tous les observateurs s’interrogent sur les défaillances des forces de police locales. Des deux côtés, on évoque une possible manipulation. Les forces de sécurité ont essayé la voie judiciaire pour faire taire des activistes locaux. Alors que la contestation s’amplifie contre les autorités, notamment avec l’annonce de la candidature de A. Bouteflika, les autorités ont trouvé le moyen d’enflammer les tensions communautaires pour détourner la colère des algériens. »
La Croix, enfin, croit trouver une autre explication à ces violences. « Une société fragmentée et dynamique, comme celle qui se développe en Algérie, a besoin d’espace de débat, de compétition entre les projets concurrents. Les violences qui secouent depuis plusieurs jours la ville de Ghardaïa sont les révélations de ces frictions qui se réveillent brusquement ».
Ali Macel
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