mercredi 5 novembre 2014

L’indépendance de la Kabylie : Une nécessité ! | Tamurt.info

 

L’indépendance de la Kabylie : Une nécessité !

Ddjazira Nath-Habou, Ecrivaine
 

Tamurt.info publie quotidiennement les contributions lues lors de la Conférence Nationale Kabyle du 31 octobre dernier. Après les contributions de l’ANAVAD, de FIDEK, de Sakina AIT AHMED/SLIMANI, nous vous présentons maintenant la contribution de Ddjazira Nath Habou, auteure entre autres de « Kabylie ou l’identité martyrisée ».

04/11/2014 – 14:30 mis a jour le 04/11/2014 – 14:36 parZira Nath-Habou

 

 

La Kabylie est en réel danger. Attaquée de toutes parts et de diverses manières : Enlèvements de citoyens, intimidations de la part des islamistes armés, ainsi que des forces de répression du pouvoir, destruction de projets d’investissement, de développement, asphyxie économique et culturelle…et, pour couronner le tout, des campagnes de dénigrement auxquelles se joignent honteusement certains Kabyles.

Tout d’abord, je rends hommage à la mémoire de Monsieur Hervé Gourdel, ce Français, ami de la Kabylie, qui a payé de sa vie son empathie pour notre pays. Si l’on faisait le décompte des victimes de l’arabo-islamisme, il y aurait de quoi s’effondrer de révolte. En d’autres termes, Monsieur Gourdel n’est pas la seule victime de ces militants acharnés, et bras armés de l’idéologie en question ; mais lui, n’était pas obligé d’être là ; il s’est pris, malheureusement, au piège de la confiance, car il a voulu voir la Kabylie comme elle a toujours été jusqu’à récemment (pas plus loin que deux décennies) ; c’est-à-dire qu’elle n’était contaminée ni par l’arabisme, ni par l’islamisme.

Il a été égorgé selon un rite qui n’a rien à voir avec nos mœurs. Les seuls moments où cette ignoble pratique a eu cours c’est, d’une part, depuis que ces nouveaux guerriers islamistes ont élu domicile dans nos montagnes et, d’autre part, durant la guerre contre la France, sous l’impulsion d’une branche du FLN qui s’était servie du projet d’indépendance pour œuvrer en vue de la prééminence de l’arabo-islamisme.
Cette idéologie est non seulement totalitaire mais en plus étrangère, malgré un règne de 14 siècles, interrompu par le relativement doux intermède français.

Afin de ne pas faire de l’Histoire un éternel recommencement qui emprisonnera un peu plus certains peuples dans des alliances programmées, mettons un frein au rythme infernal de ce monde dessiné par d’autres, où nous acceptons, en tant que l’un de ces peuples lésés, d’être subsumés dans la nation arabe, sous prétexte qu’il faut ménager la susceptibilité des « amis arabes » de l’Occident.

L’idéologie arabo-islamique use et abuse de tous les avatars pour durer. Pourtant, le même autoritarisme trahit l’unicité de ce que l’on prétend multiples et opposés ; quelle que soit la forme que cette idéologie revêt ou l’époque où elle sévit.
Qui récolte les dividendes de sa présence ?
Les pays du Golfe arabique…et les dirigeants des pays colonisés par les Arabes au fil des siècles, depuis le 7e siècle, et qui profitent du potentiel de peur que véhiculent cette idéologie et ses tenants, pour soumettre les foules…sans oublier ces mêmes foules acquises, qui vivent mieux, sous les régimes dictatoriaux, dans la peau de « nationalistes » au service de l’arabo-islamisme, que dans celle des malheureux opposants autochtones restés attachés à leur identité, en dépit d’un lourd héritage de renoncements.

Pour galvaniser les populations « arabes » -de l’immense empire arabo-musulman-, le baathisme avait naguère utilisé la modernité ; mais celle-ci n’avait pas pu adoucir la violence des régimes arabes ; notamment en Afrique du Nord où le peuple autochtone n’a pas pu être réduit à néant envers et contre les sempiternelles tentatives des satrapes au pouvoir pour arriver à un tel résultat. Et pour se « protéger » de ces méchants autochtones, le pouvoir use de répression.

La violence des régimes arabes n’a rien à envier à celle des groupes islamistes armés ; d’ailleurs ils se réclament de la même doctrine. La similitude des deux est flagrante : Intolérance, déni, négationnisme, abus de pouvoir, autoritarisme, et prise en otage de l’opinion publique nationale et…internationale -action soutenue par quelques intellectuels occidentaux qui font autorité justement parce qu’ils se mettent du côté de la force et du pouvoir d’argent que représentent « les amis arabes ».

L’islamisme et l’arabisme utilisent des arguments pour tétaniser l’opinion de la même façon, à tel point que pour l’un comme pour l’autre, celle-ci se mobilise et abonde dans leur sens en toutes occasions ou, du moins, trouve des circonstances atténuantes à leurs agissements : Marginalisation, paupérisation, séquelles du colonialisme ; autant de paramètres qui, pour moi, sont nuls et non avenus.

Quand, dans les années 70, l’islamisme avait fait un forcing à l’échelle mondiale, il fut question à propos de l’Algérie de la « marginalisation des arabophones » -islamistes, toujours-. C’était sans fondement, car ce pays se voulait plus musulman et plus arabe que les Arabes ! 
Et parler de « pauvreté » dans un pays riche de son pétrole et de ses ressources naturelles, dépasse l’entendement !

Le monde a un problème de vision. Il voit des malheureux là où il n’y en a pas ; mais n’arrive pas à entrevoir les véritables opprimés : Les peuples dépossédés de leur terre et de leur identité ; les populations jetées sur les routes de l’exil par le fait de régimes ou de pratiques religieuses autoritaires. Ainsi, la conjoncture politique a créé des déracinés et des dangers pour les autochtones des pays jadis envahis par les Arabes ; aujourd’hui, ceux-ci sont également des dangers pour les pays d’adoption -les pays européens, particulièrement la France.
Etant donné le nombre grandissant de nouveaux arrivants, ces pays adoptifs se trouvent dans l’obligation d’admettre que l’arabo-islamisme est une entité qui doit faire partie intégrante de ce pays qui a eu le malheur d’accueillir ses sectateurs.

Non seulement nous sommes soumis à l’arabo-islamisme dans notre pays d’origine -qui est décrété « arabe » depuis des siècles-, mais dorénavant, nous devrions continuer à l’être en France !
Ce qui est aberrant, c’est que de nombreux Berbères sont des militants actifs au service de cette idéologie.

Une Berbère au sein du gouvernement français aurait dû être une chance pour la réhabilitation de l’identité berbère sur sa terre, l’Afrique du Nord. De plus, la France aurait pu se racheter en l’encourageant dans cette voie, car elle-même avait grandement contribué à l’instauration de l’arabo-islamisme sur les pays berbères.
Eh bien, non ! Au lieu de défausser les lieux communs, cette Berbère, confirme encore plus l’identité usurpatrice. Et l’on s’étonne que le monde tourne mal…

Ddjazira Nath-Habou, Ecrivaine

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