samedi 8 novembre 2014

INTROSPECTION ET MISE EN PERSPECTIVE DU PEK AU DELA DES LIMITES ACTUELLES | Tamurt.info

 

Contribution du Dr Moussa Lmahdi

INTROSPECTION ET MISE EN PERSPECTIVE DU PEK AU DELA DES LIMITES ACTUELLES

Moussa Lmahdi
 

Si nous ne savons pas encourager les hommes et les femmes à l’esprit souple et aux talents variés ; capables d’apporter un plus et de changer les choses, les mouvements les plus ingénieux du monde ne seront d’aucun secours, et finalement nous ne pouvons atteindre notre objectif, si nous n’avons pas la vision de quelque chose qui mérite d’être sauvé.

08/11/2014 – 12:04 mis a jour le 08/11/2014 – 12:04 parMoussa Lmehdi

 

 

Chers amis, bonjour ! C’est avec une grande émotion que je m’adresse à vous, comme c’est aussi avec joie que je prends part aux travaux de cette conférence, qui se tient dans ce village hospitalier dont je tiens à remercier les habitants pour leurs efforts fournis afin d’abriter cet événement, mais aussi pour leur accueil chaleureux. Cela me réconforte sincèrement de partager avec vous ce moment convivial …

La CNK qui se tient aujourd’hui, à la veille d’une journée symbolique qui est celle de la célébration du premier jour du déclanchement de la guerre de libération 54, mais se déroule aussi dans un village hautement symbolique qui n’est pas loin du lieu de la rédaction de la proclamation du premier novembre 1954,et qui nous rappel la tragédie de la crise berbériste de 1949.

Donc la CNK qui se déroule aujourd’hui ici, après plus d’un demi siècle de gabegie idéologique du système d’Alger devra répondre en toute franchise a l’ensemble des questions posées par des milliers de kabyles surtout pour celles et ceux qui ont l’intérêt le plus vital au PEK.
-  Peut-on parvenir à cet objectif ?
-  Que faut-il pour cela ?

La Kabylie vit un moment crucial de son histoire. Les changements en cour nous obligent à scruter la réalité et nous demandent si toutes nos orientations sont bonnes ?

Le concept de ce projet implique que l’on comprenne bien la nature des processus en cours, et leur analyse courageuse est nécessaire quelque soit la complexité des questions abordées.

Faute d’analyse sereine de la portée du PEK on ne saurait s’y retrouver dans le tableau bigarré des humains, des illusions, des craintes et des espoirs actuels.

Une vision déformée de ce projet induira inévitablement à une perception incorrecte du simple citoyen kabyle. Comme vous le savez tous, le régime et ses auxiliaires sont en train de concentrer un tir formidable afin de détruire le plus vite possible la signification et la portée de ces réponses.

Vu l’énormité de ce péril, qui obscurcit notre vision, la tache se voit déjà difficile pour ne pas dire impossible de faire face a ces menaces et aux même temps de regarder encore plus loin, c’est-à-dire voir au delà de ces menaces.
Mais si nous ne savons pas regarder au delà de ces menaces, le futur perdra pour nous toute réalité et nous oublierons quel genre de Kabylie il est possible de construire si l’autodétermination est arrachée.

Avant d’arriver là, nous devons tout d’abord comprendre les processus de déclin de notre société. Comment et pourquoi une société aussi ancienne que la notre a perdu ses facultés d’adaptation et a étouffé tout esprit de renouveau chez les individus qui la composent. Mais nous devons aussi comprendre les conditions dans lesquelles la Kabylie peut se relever, mais ceci dépend finalement de ces kabyles qui la composent et nous arriverons ainsi au fameux labyrinthe exposé par le regretté Mohia « asagem yeḥwaǧ amen, amen ḥwaǧen asagem.. ! ».
Donc je rentre directement dans le vif du sujet qui fait objet de ma modeste contribution.

De nos jours, les kabyles ont leurs problèmes à résoudre. L’apathie et le bas niveau des préoccupations sont justement les principales caractéristiques d’une société en déclin.
Alors que la liberté et le renouveau de la Kabylie dépendent, dans une certaine mesure ; de la motivation, du degré d’engagement et de la conviction des kabyles, la liberté dépend aussi des valeurs morales qui donnent un sens à leur existence et pour lesquelles la vie mérite d’être vécue en tant que peuple libre.
Si nous ne savons pas encourager les hommes et les femmes à l’esprit souple et aux talents variés ; capables d’apporter un plus et de changer les choses, les mouvements les plus ingénieux du monde ne seront d’aucun secours, et finalement nous ne pouvons atteindre notre objectif, si nous n’avons pas la vision de quelque chose qui mérite d’être sauvé.

Un kabyle moderne et instruit qui a pleinement conscience de la course de l’histoire, qui laisse plein d’appréhension se demande aussitôt :

-  est ce maintenant notre tour de disparaître ?

Plutôt que de débattre cette question déjà débattue, je préfère poser une autre sorte de question : « essayons d’imaginer une Kabylie qui serait relativement immunisée contre la disparition, une société en perpétuel renaissance.

-  A quoi ressemblerait-elle ?
-  Quels seraient les composants de cette immunité ?

Une société qui aura appris le secret de l’éveil continu et de l’adaptation s’affirmera non pas seulement dans l’avenir mais immédiatement.
Mais un éveil continu dépend des conditions qui permettent et encouragent le plein épanouissement de l’individu, et ces conditions ne se trouvent malheureusement que dans une société libre, faite pour des personnes libres.
Dommage lorsque nous nous réveillerons de notre sommeil si profond, nous constaterons que tous ces grands changements qui se produisent au tour de nous et sans doute sans nous, et sans qu’on se rend compte, ils se produisent aussi dans notre existence, brisent le programme habituel de notre vie et nous révèlent soudainement à quel point nous ne sommes pas des hommes libres, à quel point nous étions emprisonnés dans le filet confortable que nous avons soigneusement tissé au tour de nous avec les griffes de ces vautours.
Mes chers amis, le prisonnier c’est après son évasion qu’il se rend compte qu’il été prisonnier.

Donc ce rythme accéléré de l’histoire a marqué d’une empreinte profonde la conscience du kabyle moderne.

Beaucoup d’entre nous, ont une conception sentimentale de ces changements, et nous pensons que c’est une bonne chose, mais le dépérissement est aussi une forme de changement.

Alors que nous devons rechercher des types de changement qui enrichiront, fortifieront et libéreront notre société de ce filet que nous avons tissé avec les machines du système et non pas ceux qui la diviseront et la détruiront.

-  Qui parmi nous n’a pas été effrayé, ces dernières années, par l’expansion si rapide de certains phénomènes sociaux dans nos villages et nos villes, qu’ils échappent à toute interprétation raisonnable ?

Des kabyles déguisés en afghans, en habachis, parfois même en jamaïcains, nos fontaines qui étaient des lieux sacrés se transforment au fur et a mesure en lieux de débauches, nos terres pourtant fertiles sont en jachères, nos cimetières profanés, les déchets de toute sorte font le décors de notre vie quotidienne, nos habitudes alimentaires perdent aussi leur originalité au point ou nos cuisines sont devenues de vulgaires fast food, nos cérémonie de mariages se font à l’occidental si non à l’oranaise et même nos obsèques ne sont pas épargnées de cette abâtardissement de nos valeurs, nos villages se clochardisent et nos villes se bidonvillisent.

Ceci est un changement qui se développe de façon insensé et sauvage, c’est une évolution tellement destructrice des valeurs kabyles qu’elle est semblable à la progression d’un cancer.

Lorsque les kabyles apprennent ce qu’ils sont et qui ils sont, ils auront la faculté de réfléchir de ce qu’ils souhaitent devenir en tant qu’individus et en tant que peuple.
A ce stade d’évolution du mouvement, il nous faut leur donner la possibilité d’examiner d’un œil critique les buts que nous proposons à la Kabylie d’atteindre et quels seront les éléments essentiels de sa pérennité ?

-  Comment peut-on les soumettre de nouveau à une réévaluation qui leur donnera peut être vitalité et justifications nouvelles ?

Mais ce qui presse aujourd’hui c’est de mobiliser et d’instruire en vue d’un rythme accéléré des changements.
Ces changements sont si rapides que la stratégie de lutte d’aujourd’hui risque d’être dépassée si nous reportons nos actions pour une période ultérieure.
Un mouvement en équilibre et en cohérence aujourd’hui risque de chanceler ou peut être même disparaître demain.
Dans un monde qui change, un mouvement composé de personnes à l’esprit souple et capable de s’adapter est un atout inestimable.
Un mouvement qui envisage de mettre les fondements d’un état kabyle ne pourra jamais s’organiser de façon aussi simple qu’une entreprise industrielle ou commerciale.
Ce mouvement doit s’armer pour faire face aux éventuelles autres menaces et aux autres changements imprévus et pour survivre comme un individu capable d’adaptation dans un monde dont nul ne peut prévoir les modalités et les structures de demain.
Si nous inculquons à notre société un système de croyance fixe, si nous l’enfermons dans ce système, nous en ferons une société intellectuellement atrophie, et nous retomberons ainsi dans le piège, pourtant contesté du système de la pensée unique.

Le concept opposé consiste à développer le savoir faire, les attitudes, la tournure de l’esprit les divers types de connaissances et de discernement qui constituent chez les gens les instruments de leur transformation et de leur évolution continu.

-  Quelle est la nature de notre tache donc ?

Efforçons nous maintenant d’être aussi claire et aussi explicite que possible face au dilemme devant lequel nous nous trouvons, lorsqu’il importe d’établir de justes rapports entre les kabyles et la Kabylie.

Notre époque est celle du sentiment d’aliénation interne et du conformisme externe et il nous faut combattre l’un et l’autre.
Nous devons combattre les calcules des vautours avec leur morale conventionnelle qui menacent notre existence en tant que peuple kabyle, mais aussi nous devons aider les kabyles à établir un rapport valable et fécond avec les objectifs du mouvement et le libérer ainsi de la prison de son individualisme insensé, en se reliant avec ce qu’il y a de meilleur dans la tradition morale kabyle de la Kabylie dans laquelle il vit.

Si nous nous attelons sérieusement à cette tache, nous découvrirons bientôt qu’une des raisons pour laquelle les jeunes ne s’engagent pas dans cette vaste tache :
-  c’est qu’ils ignorent en réalité la nature de ce mouvement.
-  Ils ne comprennent pas réellement la raison d’être de ce projet.
-  Ils ne connaissent pas la teneur et le contenu de ce projet.
-  Ils ne comprennent pas les exigences et les réalités de leur communauté.
-  Ils n’apprécient pas les menaces qui les entourent et qui mettent en danger leur pérennité et leur existence.
-  Ils ne voient pas comment et ou ils peuvent s’y insérer afin qu’ils s’y engagent pour le mieux.

Ce n’est pas de l’exhortation dont ils ont besoin, mais de l’instruction.
Nous devons aussi aider ces jeunes à découvrir comment ils peuvent conclure de tels engagements, sans pour cela être amené à abdiquer devant leur individualité.
Nous devons les aider à comprendre toutes les impulsions qui pourraient les inciter à fuir la responsabilité du choix individuel et accepter une soumission aveugle à une autre cause ou à un autre mouvement nuisible à leurs propres valeurs kabyles.
En un mot, ils doivent avoir conscience du risque qu’ils courent en refusant de s’engager au delà de leur Kabylie, comme du risque qu’ils courent en contractant des engagements qui mettent leur kabylité en péril.
Si nous réussissons dans cette tache délicate, alors nous pouvons proclamer notre souveraineté dés aujourd’hui avec ou sans le soutient de l’ONU avec toute sa palette de texte sur le droit des peuples autochtones, avec ou sans le consentement des vautours avec leur arsenal de plomb et de morale conventionnelle.
Et nous serons témoins du coup de starter pour une Kabylie prospère et souveraine.

-  Où est le problème au juste ?

Pour que nous puissions atteindre notre objectif, nous devons tout d’abord comprendre ce qui pourra éventuellement nous empêcher à l’aboutissement de ce projet de l’intérieur.
La tache qui s’impose est semblable à celle de l’économiste qui après avoir diagnostiqué les problèmes d’une entreprise en faillite, a appris qu’il doit vaincre les habitudes, les comportements et les systèmes de croyances qui entravent le développement de l’entreprise.
Mais ce ne sont pas en général les nouvelles idées qui manquent. Le problème c’est de les faire acceptées à un nombre suffisant d’individus.
Cela signifie qu’il faut briser la carapace de rigidité, d’indifférence, de contentement de soi- même et d’attachement à se système stérile et stérilisant.
Une société menacée dans son existence telle que la notre a su fabriquer une série de défenses contre les idées nouvelles. Les chaînes forgées contre notre émancipation sont si solides que la tache de les briser qui revient à ce mouvement.
Il est triste de constater que se sont souvent les dégâts qui permettent une régénération profonde, de même il est souvent nécessaire qu’une véritable explosion se produise pour amener des changements profonds dans les croyances, les comportements et les manières d’agir des individus lorsqu’ils se sont sclérosés.
La preuve, c’est pendant la tragédie du printemps noir du 2001 que le MAK a vu le jour.

Mes chers amis, la Kabylie doit fournir un nouveau champ de possibilité, un moyen de se libérer des servitudes du passé, de ces contraintes et de sa somnolence.
La caractéristique de ce mouvement est son impatience devant la lenteur des procédures soigneusement calculées.

Le mouvement veut « aller droit au fait » ce qui lui importe, c’est ce qui doit être fait, soit fait, ce qui lui import c’est d’agir la où et quand il faut agir, de la façon la plus directe et sans fioriture.

Mais les buts sont toujours atteints par certains moyens, et tôt ou tard un mouvement d’action même le plus impulsif découvrira que certains moyens d’atteindre le but sont plus efficaces que d’autres.

Là, se révèle que le souci du comment faire est à la base de toute perfection de ce mouvement, et c’est lui qui fait tout le style des activités du MAK, sans lui nous ne connaitrons jamais les hauts sommets de l’accomplissement des hommes libres.
Cependant, par une ironie du sort, le souci du comment faire est aussi une maladie dont meurent les mouvements. La manière dont le but est atteint devient plus importante que le but lui-même. Les moyens l’emportent sur la fin, et la forme l’emporte sur l’esprit.

Toute activité humaine, aussi constructive, aussi saine soit elle comporte des risques.
« Il y a une route qui conduit à l’enfer à partir des portes du paradis » disait John Bunyan.

La chose qui nous obsède est finalement la cause de notre ruine, et le long effort qu’il nous faut faire pour que nous arrivions à assimiler toutes ces règles, finira par étouffer notre énergie et par détruire tout enthousiasme, toute spontanéité et toute force créatrice.

Un des stratagèmes habituels de ceux qui tentent d’échapper aux tourbillons d’une société en déclin comme la notre, consiste à se placer sur un terrain moral élevé.
Un mouvement qui maîtrise l’art du renouveau et d’adaptation continue ne laissera pas de telles impressions déformer son jugement et même son engagement.

-  Serait-il donc vrai que les sommets de la réussite seraient atteints sur les sentiers battus de la Kabylie en déclin ?

A mon sens la dynamique du mouvement doit dépasser cette mesure, à défaut de climat sympathique à ce stade de décadence, ou ses objectifs suprêmes sont d’une délicatesse exagérée.

Les structures institutionnelles d’une société qui veut se libérer, ne sont pas en elle-même des moyens de changement, leurs vertus c’est qu’elles permettent aux élites sincères et dévouées de se mettre dans de meilleurs conditions pour être des sources intarissables de propositions et dans le cas où ces propositions s’avèrent efficaces, cette société menacée de déclin, peut accroître ses chances de survie et pourquoi pas de progrès et de prospérité, et c’est ce que nous attendons justement de cette conférence nationale kabyle.

Ironiquement le fait que le MAK peut tenir le rôle de sauveur, ne le rend pas forcement acceptable par ceux qui aiment la tyrannie des vautours.
Comme des enfants, ils craignent sans doute le médecin plus que la maladie.
La Kabylie est arrivée au point où il lui faut adapter une nouvelle solution ou bien elle périra pour toujours.

Aujourd’hui, même une organisation la plus perfectionnée et la plus efficace au monde a peu de chance de bousculer la conscience des kabyles, si son action ne coïncide pas avec une crise ou une série de crises qui mettent les kabyles dans une disposition d’esprit telles qu’ils seront prêts a accepter le PEK comme en 2001.

A ce moment oui, les kabyles seront près d’accepter de nouvelles solutions et les opportunistes profiteront de cette situation.

Ces importants obstacles au PEK qui sont l’ignorance et la somnolence de notre société montrent toute l’importance du rôle de la critique.

-  Quelles seront au juste nos réactions face au critiques ?

Les critiques qui attirent l’attention sur un domaine qui a besoin d’être changé, participent dans une très grande mesure au processus de changement.
Il est important pour nous de dépasser cette conception enfantine que nous faisons de la critique.

Si l’ex- premier ministre Ouyahia a balancé il y a quelques années des propos hostiles et méprisants a l’égard du MAK, si certaines chaines TV que vous connaissez tous mènent une compagne diffamatoire à l’encontre des militants du MAK , si la secrétaire générale du PT ainsi que ceux d’autres partis s’acharnent eux aussi chacun à sa manière, mais toujours diabolique, pour discréditer ce mouvement , ça ne fait que gagner quelques curieux peut être même quelques amis de plus pour ce mouvement.

-  Quel est le consensus qui doit flotter à présent en Kabylie ?

Nous pourrions commencer par nous demander si et dans quelle mesure il existe dans notre société kabyle, un accord général sur l’échelle de nos valeurs morales, beaucoup d’entre nous diront qu’il existait avant, mais suite aux mécanismes de dépersonnalisation établis par le système, l’arrivée des multimédias et du phénomène de la mondialisation culturelle, nos valeurs se sont diluées dans les cultures dominantes.

A mon sens cette réponse ne peut être justifiée que par un kabyle déraciné ou intégré dans une autre country comme la France des couleurs ou des états unis des rêves, au pire des cas elle ne peut provenir que d’un pion du système d’Alger que nous appelons vulgairement les KDS.

La première chose qu’il faut dire, c’est que même dans une société qui fonctionne efficacement, il existe un certain degré d’accord entre ses membres, si non cette société volerait tout simplement en éclats.

Aucun système de lois et de règlement même les plus perfectionnés ne pourra empêcher le chaos dans une société où n’existaient, au moins dans les grandes lignes, aucun accord sur certains principes moraux.

Aucun système social et intelligemment conçu soit il ne suffit à préserver la cohésion, s’il n’a pas pour soubassement certaines habitudes morales aux membres de la communauté.

Si les kabyles d’aujourd’hui sont nourris dans une tradition de liberté, s’ils ont vu leurs pères et leurs grands-pères lutter pour la défense de leur liberté et de leur territoire, si l’histoire leur apprend comment se conduisent les hommes libres, les chances de la libération de la Kabylie sont aussi relativement bonnes.
Les kabyles formés de la sorte, repéreront de loin l’odeur des vautours et seront exterminés avant même qu’ils mettent leurs sales pattes sur cette terre de braves gens, de même ils flaireront l’approche de la tyrannie dans chaque souffle de vent a l’odeur suspecte.

Les kabyles étaient toujours présentés dans le bassin méditerranéen comme d’ardents défenseurs de leur sol, comme ils sont connus à travers l’histoire par leur attachement indéfectible à leur patrie.

Quoi qu’ils disent les critiques et quoi qu’ils pensent les vecteurs de la morale conventionnelle, ce consensus existe toujours à savoir :

-  Le lien ombilical entre les kabyles et la Kabylie.
-  Le kabyle comme seule et unique langue du peuple kabyle.
-  Le sens de l’honneur kabyle que chacun de nous porte dans ses veines.

Donc les valeurs dominantes de notre société représentent un éventail passablement étroit, quand on les examine dans une perspective plus large, les points sur lesquels un désaccord semble existé s’avèrent n’être que des faits sans grandes importances.
L’essence même de notre consensus, c’est qu’il est l’héritage de génération en génération. Il est absolument général et total par apport à certaines constantes citées plus haut, pour d’autres consensus qui sont liés au droit coutumier kabyle, ils sont libres et raisonnés, ils sont ouverts à la critique et peuvent être sujet à des interprétations variées, fluides et librement consenties ; ils se développent et se transforment sans cesse pour qu’ils soient efficaces, il n’est d’ailleurs pas nécessaire que ces consensus supplémentaires soient absolument général et total.
Ex : Lɛada de mariage, l’héritage, sbil, lois liées au mode d’exercice des activités agricoles et artisanales, le commerce…etc.

Il suffit qu’il y ait accord sur les grandes lignes d’une fraction substantielle de ces kabyles, que leur intelligence, leur énergie, leur conscience et leur sens de responsabilité désignent pour être ceux qui définissent et précisent le but de ce Projet pour l’Etat Kabylie.

Ce consensus est particulièrement important s’il est réalisé de façon raisonnable en Kabylie, celle-ci peut se permettre une avancée considérable sans perdre sa cohésion et son style distinctif.

Sans la pérennité de ce consensus dans ce mouvement, notre choix pour l’autodétermination nous vouerait au chaos et au désordre.

Avec le consentement de toute les forces vives de la Kabylie, notre consensus doit s’effectuer nécessairement à un niveau de valeurs de toute évidence, il ne peut porter sur les banalités et les attitudes superficielles, il ne peut non plus porter sur les croyances profondes de chaque individu, ni sur les prétentions partisanes . Il peut et doit porter sur les valeurs assez importantes pour régir le comportement dans la société kabyle et sur les concepts fondamentaux tels que la liberté d’opinion, la dignité de la personne, l’égalité des chances et le rêve de la fraternité kabyle.

Le fait que nous ne soyons pas toujours fidèles à ces valeurs communes ne dénote ni une confusion, ni une absence de consensus, à ce moment là, nous dirons au moins que la Kabylie ne souffre pas de confusion mais de trahison.

-  Quelles règles morales pour nos jugements moraux ?

Tous les jugements moraux dépendent en fait du contexte dans lesquels ils sont prononcés.

Mais nous avons le droit d’exprimer notre inquiétude, lorsque les forces politiques kabyles manifestent leurs mécontentements face aux dérapages prémédités qu’entretient le système d’Alger en Kabylie ces dernières années, et d’autre part ils expriment leurs désavouements à ce mouvement d’honneur qui est le MAK. 
Il suffit d’adopter la position d’un spectateur intéressé pour observer la contradiction de ces attitudes, pour réduire ce raisonnement à l’absurde, imaginez que cette attitude « acoustique » s’étend à toute la population kabyle ? Dans ce cas alors personne ne croirait à rien, et chacun serait un spectateur qui observait la compétition, mais il n y aurait rien à observer puisque personne n’aurait de valeurs à défendre.

Dans notre situation décadente actuelle, rien ne pourrait être plus séduisant ni plus admirable pour notre peuple, que d’avoir une force morale pour que nous puissions lutter pour notre cause qui est la souveraineté de notre patrie.
Hélas, beaucoup de kabyles et parmi eux les plus estimables et populaires ne se dévoueront jamais pour cette cause que d’autre qui les concernes de loin a mon sens, celle de la couche d’ozone, de l’ours polaire, des armes nucléaires des OGM et d’un éventuel consensus entre les charognards d’Alger et s’ils atteignent déjà leurs objectifs nous ne pouvons que leur demander d’avantage.

Et rien de ce que nous disons ici ne doit être pris comme une défense d’autres formes erronées d’engagements.

On n’empêchera jamais les imbéciles de se consacrer à des causes stupides.

On ne pourra jamais empêcher certains caractères instables de s’attacher à une cause de telle manière que cet attachement ne soit en fait que du courtage politique au service des vautours ou encore du fanatisme religieux.

Et vu la menace pressante à laquelle nous sommes confrontés, le seul engagement qui flotter à présent en Kabylie est celui pour l’autodétermination de son peuple.

-  Que faire de notre négativisme kabyle chronique ?

Notre génération et celle qui l’a précédé ont dû faire face à une théorie plus subtile « le négativisme » qui nie le sérieux des valeurs morales kabyles, cette théorie est encore soutenue par beaucoup de kabyles instruits et bien placés pour la contester.
Nos parents et nos grands parents ont grandi à une époque où les personnalités les plus éminentes de la kabyle menaient une lutte acharnée pour se libérer de la morale purement conventionnelle qui étouffait les esprits libres kabyles.

A ce sujet je peu vous citer plusieurs exemple à travers l’histoire de la kabylie, telle que la position des kabyle par rapport à la politique des turcs en Algérie, leurs attitudes par rapport à l’insurrection d’El Amir Abdelkader.

Ces hommes et ces femmes ou plutôt ces rebelles étaient souvent ces kabyles d’une haute moralité qui luttaient en réalité pour une morale supérieure à celle que professait alors les tenants de la morale conventionnelle, si hier Arezki Lbachir et Ahmed Oumerri étaient traités de bandits d’honneurs pour leur rejet de cette morale conventionnelle française ; aujourd’hui c’est toute la Kabylie qui devra avoir cette attitude de bandit d’honneur pour le rejet de cette morale conventionnelle gangreneuse des vautours.

Au début, il fallait un certain courage pour dégonfler à coup d’épingle les ballons de cette morale nuisible, corruptrice et puante.

Mais que restent de ces ballons après la chute spectaculaire de leurs quatre mégalos essentiels, Saddam, Keddafi, Ben Ali et Mobarek ?

Le combat contre cette morale est presque terminée, mais il reste toujours un goût de l’inachevé, et ceux qui continuent à ce lancer dans la mêlée, comme si l’ennemi était encore redoutable commence à avoir l’air quelque part ridicule.

Evidement cette attitude est compréhensible, car ces pseudos kabyles n’ont jamais été capables de résister au plaisir de gaspiller leur énergie en rallumant de vieilles querelles éteintes et en combattant aux cotés des ennemis vaincus depuis longtemps.

Mais plus nous cédons à ce penchant et moins nous avons de chances de nous préparer pour les batailles réelles et actuelles.
Nous ne sommes plus inhibés par cette morale conventionnelle nouvelle. 
Maintenant que la maison plutôt la Kabylie est démolie, il ne s’agit pas de continuer à pulvériser ses débris mais de savoir ce que nous allons faire pour nous protéger des intempéries.

Ceci modifie radicalement la direction dans laquelle nous devons développer une nouvelle initiative morale.

Il serait faut de laisser croire qu’un souci sérieux et lucide de ce projet, nous permettra d’accéder à quelques hautes radieuses loin des misères qui furent toujours le lot des kabyles.

Le sérieux moral ne résout pas les problèmes complexes, il pousse seulement à les regarder en face au lieu de les fuir ; la lucidité n’est pas un ogre, elle nous épargne la honte de combattre les faux vautours pendant que les véritables vautours du vieux continent nous menacent.

Ces avantages ne sont pas sans importances.

-  En conclusion peut-on sincèrement sauver ce réservoir kabyle qui se vide. ?

Chaque époque est une confession de foi, et fait inévitablement une propagande silencieuse, dans la mesure de son pouvoir.

Elle tend à transformer la Kabylie et les kabyles conformément à sa propre image, et le comportement de notre société et des kabyles qui la composent est un sermon qui ne s’exprime pas en parole, mais qui est pour notre système une exhortation permanente.

C’est pourquoi nos jeunes ont besoin de modèle, à la fois dans leur vie imaginative et dans leur environnement réel, des modèles de ce que peut devenir le kabyle quand il le veut.

Aider chaque génération à découvrir le sens de la liberté, de la justice, de la dignité et de l’honneur kabyle est pour toute la Kabylie une tache permanente.
Chaque génération reçoit un cadeau du passé des victoires qu’elle n’a pas gagné.

Une génération qui a lutté pour l’indépendance, peut transmettre cette indépendance à la génération suivante, mais elle ne pourra jamais transmettre la connaissance qu’elle a acquis par sa propre expérience de tout ce qu’il faut de courage, de persévérance et d’endurance pour gagner la bataille.

L’un des problèmes les plus difficiles qui se posent à nous est de faire en sorte que les jeunes kabyles puissent participer effectivement aux grandes taches de leur temps, et le mieux que nous puissions leur offrir en tant que mouvement, c’est de les inviter à monter la garde devant ce réservoir identitaire kabyle qui se vide.

L’image de ce réservoir qui se vide est d’ailleurs impropre, car elle laisse croire que le problème est de garder quelque chose que l’on ne peut pas renouveler.

Donc au lieu de donner aux kabyles l’impression que leur tache est de monter une garde devant les vieilles valeurs, nous devons leur dire la dure mais tonique vérité, c’est à nous tous ensemble qu’appartient la mission de renouveler ces valeurs par notre propre comportement et actions pour pouvoir résoudre les problèmes de notre époque et conjurer les catastrophes qui nous menacent.

Nous devrions aussi leurs dire que chaque génération doit sans cesse livrer d’autre batailles pour donner une vigueur nouvelle à leurs idéaux sous peines de disparition.

A partir de la, nous comprendrons que la Kabylie est continuellement recréée par ses enfants, pour le bien ou pour le mal.

Cette responsabilité pourra sembler bien pesante pour certains, mais elle incitera les autres à rassembler un grand destin pour la Kabylie. 
Merci pour votre attention.

Moussa Lmahdi

Akbil le 31/10/2014

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