vendredi 14 novembre 2014

Affaire des 32 jeunes kabyles de Haïzer : procès et coups de matraque | Tamurt.info

 

Tuvirett

Affaire des 32 jeunes kabyles de Haïzer : procès et coups de matraque

De Bouira, Saïd Tissegouine
 

TUVIRETT (Tamurt.info) – Après un report pour « compléments d’informations », les 32 jeunes kabyles de Haïzer, poursuivis pour atteinte à l’ordre public et attroupement, ont enfin comparu aujourd’hui devant le magistrat à Tuviret. Le verdict sera rendu le 27 du mois en cours.

13/11/2014 – 19:51 mis a jour le 14/11/2014 – 11:02 parSaïd Tissegouine

 

 

Le dossier semble être étudié d’avance. En tout cas, c’est un dossier à connotation politique. A titre de rappel, ces 32 kabyles mis en cause sont poursuivis par la justice algérienne pour avoir « tenté d’empêcher les élections présidentielles d’avril dernier » et les faits se seraient produit au niveau de leur localité, c’est-à-dire à Haïzer.

Et parallèlement à la tenue de ce procès, des citoyens kabyles , et parmi lesquels se trouvaient des militants et des cadres du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK), ont tenu un rassemblement, en guise de soutien aux prévenus, devant le tribunal, sis au chef-lieu de wilaya de Tuvirett (Bouira). Hélas, les manifestants ont
été empêché par des policiers algériens d’exercer leur droit de soutien aux prévenus ; un droit sensé être garanti par la constitution et les lois de la république algérienne.

L’action répressive de la police algérienne a été si forte que la manifestation citoyenne des kabyles n’a pu être tenue. Il est même à déplorer un blessé grave parmi les manifestants. La blessure a été causée par un coup de matraque d’une violence à faire tomber un éléphant. Plus grave encore ! L’agressivité verbale des policiers algériens a été aussi conjuguée. Les mots obscènes et des propos à connotation régionaliste et raciale auraient été prononcés par le chef même des policiersalgérien mobilisés pour casser du « jeune manifestant kabyle ». « Qu’est-ce que vous êtes venus faire ici à « Bouira », vous qui êtes après tout de Haïzer ? », tels auraient été les propos tenus par le chef des policiers algériens. Ainsi, selon les convictions de ce policier, les jeunes de Haïzer, un espace géographique bien kabyle, n’ont pas le droit d’être présents, encore moins de s’exprimer au chef-lieu de wilaya de Tuvirett (Bouira), espace géographique bien « arabe », selon la logique colonialiste de l’Etat algérien.

Allez donc comprendre le fossé flagrant existant entre la voix officielle algérienne qui n’arrête pas de s’égosiller que « L’Algérie est une et indivisible » et la réalité du terrain qui indique précisément le contraire. C’est bel et bien un officier de la police algérienne qui a contredit aujourd’hui la voix officielle de l’Etat algérien.

Concernant le jeune kabyle blessé par les policiers algériens en furie, il a été évacué vers l’hôpital de la ville où une équipe médicale l’a pris en charge. En guise de soutien, plusieurs citoyens se sont rendus au chevet du blessé. Il va sans dire que la famille militante et patriotique du MAK n’a pas manqué à ses obligations morales. En effet, Bouaziz Aït-Chebib, à la tête d’une délégation composée de Hocine Azem, Kamel Chetti, Nadir Chelbabi, Hacène Chirifi et Boubekeur Sadaoui, s’est rendu au chevet du blessé. Celui-ci a été rassuré de l’appui et du soutien indéfectibles du MAK. 
On croit savoir aussi que cette victime de la brutalité policière algérienne nourrit l’intention de déposer plainte contre ses agresseurs pour coups et blessures volontaires. Une affaire à suivre.

Notons enfin que les personnes interpellées ont été libérées sous la pression des manifestants qui se sont rassemblés devant le commissariat de Tuviret.

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