Commune d’Ighrem :

Installation de deux sections du MAK

De Bgayet Saïd Tssegouine

IGHREM (Tamurt.info) – Nonobstant la campagne exponentielle de dénigrement menée contre elle par Alger à travers ses mercenaires à la petite semaine, la grande famille militante et patriotique du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK) continue elle aussi à jouir d’une façon exponentielle d’adhésions des citoyennes et citoyens kabyles et des sympathies intellectuelles aussi bien nationales qu’étrangères.
22/11/2014 – 18:44 mis a jour le 22/11/2014 – 18:43 parSaïd Tissegouine
 

Cette réalité a été mise avant-hier encore à Ighrem, chef-lieu de commune du même nom, daïra d’Akbou et au village d’Ighil-Guilef, commune et daïra des mêmes noms, à l’occasion de l’installation de deux sections MAK par Bouaziz Aït-Chebib.

La première installation a été opérée à Ighrem. Notons d’emblée que cette opération a été précédée d’un discours des responsables du MAK, discours d’ailleurs qui avait plutôt la dimension d’une véritable conférence. Nous y reviendrons plus loin.

S’agissant donc de la composante humaine de la section MAK de ce grand village, la voici :
Président = Koceïla Iken ;
premier responsable à l’organique = Dahmane Benaoudia ;
adjoint à l’organique = Massinissa Bacha ;
Trésorier = Kamel Tansaout ;
trésorier adjoint = Farid Bouda
responsable à la formation et l’information = Sofiane Iken.

S’agissant de la section d’Ighil-Guilef ( ce village est appelé aussi « Ighil-Nacer »), voici sa composante :
Président = Hacène Aït-Saïdi ;
Responsable à l’organique = Bélaïd Bacha ;
Trésorier = Azwaw Bendahmane
responsable à la formation et à l’information = Yacine Aït-Saïdi.

Aux cadres et militants d’Ighil-Guilef, le président du MAK citera les principes moraux que tout militant du MAK est tenu de respecter car « il (militant) est à considérer comme la vitrine du MAK ». Bouaziz Aït-Chebib fera également un aperçu sur le long combat du MAK et ses victoires successives. Le premier responsable du MAK ne cachera pas aussi aux nombreux militants du MAK d’Ighil-Guilef les nombreux défis attendant le peuple kabyle d’où la nécessité de continuer à persévérer dans le travail. « Je puis vous rassurer cependant d’une chose, précisera Bouaziz Aït-Chebib, le rassemblement de toutes les forces kabyles et la victoire finale de la Kabylie n’est qu’une question de temps ».
Farid Djennadi, secrétaire général du MAK, appuiera lui aussi la thèse de Bouaziz Aït-Chebib en déclarant : « Aucun envahisseur n’a réussi à mettre à genoux la Kabylie. La résistance et les ripostes ont été possibles grâce qu fait que la Kabylie n’ait jamais essayé de se renier ».

A Ighrem où l’assistance était beaucoup plus nombreuse qu’à Ighil-Guilef, Bouaziz Aït-Chebi et Farid Djennadi ont été beaucoup prolixes. C’est le secrétaire général du MAK qui prendra la parole le premier, qui soulignera dès le début de son intervention les raisons qui ont poussé le peuple kabyle à demander son autodétermination.
Dans ce contexte, Farid Djennadi apportera une précision de taille en déclarant avec véhémence : « C’est la situation qui nous a poussés à aller vers la création du MAK ! ». L’intervenant, avec un calme extraordinaire, citera une batterie d’arguments appuyant la légitimité de la demande du peuple kabyle. L’aliénation de la langue et la culture dont le seuil a atteint l’intolérable, la destruction délibérée des espaces géographiques kabyles contenant les richesses naturelles, l’isolement des compétences humaines, l’introduction en Kabylie de mœurs étrangères et néfastes, l’indigente part revenant à la Kabylie dans le partage des richesses nationales, l’imposition fiscale plus forte qu’ailleurs à laquelle est soumise la Kabylie, etc.
Farid Djennadi, très renseigné sur les faits, ne manquera pas de citer l’exemple d’un jeune chercheur kabyle, auteur de quatre inventions scientifiques, sera condamné à l’inertie par le pouvoir d’Alger alors que beaucoup de pays, dont la Chine, l’ont sollicité pour l’exploitation de ses inventions. « Ce jeune chercheur, révélera le secrétaire général du MAK, se retrouve toujours au banc des chômeurs ». L’une des inventions de ce jeune chômeur est une turbine géante capable de révolutionner la production énergétique. Une turbine que l’ont peut utiliser dans les appareils de navigation maritime et aérienne, dans les centrales de production électrique et hydraulique et d’une multitude d’autres appareils industriels. Cette turbine géante peut être à l’origine d’une révolution industrielle et électronique sans précédent. Le pouvoir écervelé d’Alger a mis dans « l’isoloir » ce jeune inventeur parce que c’est du sang kabyle qui circule dans ses veines.
Farid Djennadi conclura ensuite que le peuple kabyle doit avoir constamment à l’esprit que la véritable richesse d’un pays n’est autre que sa ressource humaine et non la ressource naturelle comme tente de le faire croire ceux qui veulent maintenir la Kabylie dans la constante dépendance d’Alger.

Pour sa part Bouaziz Aït-Chebib s’attaquera en premier lieu au pouvoir d’Alger qui « persiste dans ses tentatives de diviser les rangs de la Kabylie ». « La dernière tentative, révèle le président du MAK est celle ayant consisté à mettre une barrière entre les deux clubs footballistiques kabyles, en l’occurrence la JSK et la MOB ». L’intervenant a souligné que personne ni aucune force ne pourra diviser la Kabylie, et ce, sous aucun motif ». Et tout en réaffirmant que le MOB et la JSK sont tous deux des clubs kabyles, et « dès lors notre fierté », « il n’y a pas non plus la grande et la petite Kabylie telle que la France coloniale a essayé de le faire croire dans le passé pour mieux imposer sa politique coloniale ». Avant de poursuivre sa communication sur la réalité existentielle du « peuple kabyle », Bouaziz Aït-Chebib a tenu à rendre un vibrant hommage aux dirigeants du MOB qui ont su déjouer le plan machiavélique destiné à dresser une barrière entre le MOB et la JSK.
Quant aux preuves de l’existence du peuple kabyle en tant que « peuple », le président du MAK puisera dans le volet historique des ordres sociologique, politique et administratif de la Kabylie ainsi que ses valeurs de civilisation dont beaucoup , à l’exemple de la laïcité, la pratique de la démocratie, les liens unissant les individus, … ont servi de modèles pour d’autres pays ainsi sujets d’étude par des intellectuels et penseurs de renom.
Bouaziz Aït-Chebib citera l’exemple de la peine de mort que beaucoup de pays pratiquent encore de nos jours et qu’un grand pays comme la France n’a aboli qu’en I98I, avec l’arrivée du défunt François Mittérand au pouvoir, et qui n’a jamais existé en Kabylie. A la peine de mort appliquée ailleurs pour une incartade, en Kabylie on appliquait la mise en quarantaine. Et tout en expliquant la notion de « peuple
 » ; ce qui correspond parfaitement au cas du peuple kabyle, le président du MAK ira jusqu’à appuyer cette vérité par le fait que les autres peuples algériens y adhèrent complètement. En parlant de la Kabylie et des Kabyles ils mentionnent toujours « pays kabyle » et « peuple kabyle ». « En parlant de « pays kabyle » ou de « peuple kabyle », précise l’intervenant, c’est parce que justement ces Algériens nous voient réellement comme « un peuple » et la Kabylie comme « un pays » ».

Le président du MAK a déclaré ensuite que si en I954, les Kabyles ont laissé des concessions, et ce, au nom de la priorité pour l’indépendance nationale du pays, ils ne peuvent plus se permettre cela à l’heure actuelle ; car une nouvelle concession signifie « notre disparition à jamais ».

Ensuite, Bouaziz Aït-Chebib abordera la question portant sur la différence des concepts « autonomie » et « autodétermination ». La première explication portera sur la différence existante entre ces deux concepts sur le plan juridique. « Les textes internationaux, notera l’intervenant, mentionnent que « l’autonomie » relève de la question interne d’un pays donné ; ce qui n’est pas le cas en ce qui concerne « l’autodétermination ». « Dans le premier cas, poursuit Bouaziz Aït-Chebib, le pouvoir d’Alger utilisera son arme favorite : la violence. Il (pouvoir d’Alger) nous massacrera. En revanche, il trouvera du mal à le faire dans la mesure où nous avons pris la communauté internationale à témoin. D’ailleurs, le talon d’Achille du pouvoir d’Alger, à l’instar des régimes dictatoriaux à travers le monde, est notre combat pacifique ». « L’autre raison nous ayant poussé à opter pour le concept de l’autodétermination, explique encore l’intervenant, a été le juste milieu à trouver entre les partisans de l’autonomie et ceux de l’indépendance ».

Abordant ensuite la question relative à la tenue de la Conférence nationale kabyle (CNK), Bouaziz Aït-Chebib a rappelé que le MAK n’a pas failli à sa mission et n’a aucunement fait faux bond. « L’invitation lancé au FFS et au RCD ainsi que d’autres personnalités kabyles pour participer à cette CNK n’a été que de l’ordre naturel des choses », a affirmé le Président du MAK pour marteler ensuite : « Je n’ai de problème ni avec le FFS, ni avec le RCD et ni avec aucune personnalité kabyle ! ». Sur ce volet précis, Bouaziz Aït-Chebib a déclaré que « l’union entre toutes les forces kabyles est nécessaire ! ».

Plus loin, Bouaziz Aït-Chebib avertira l’assistance de la grande vigilance à observer pour déjouer tous les plans de déstabilisation orchestrée par le pouvoir d’Alger contre la famille du MAK. Le Président du MAK n’a pas omis de signaler que les campagnes de dénigrement menées contre le MAK sont en réalité les signes de panique du pouvoir d’Alger dont la perte de contrôle de la situation se révèle chaque jour qui passe plus grande. C’est avec le poème de Ferhat M’henni que Bouaziz Aït-Chebib a terminé son allocution.

Addenda : en sus de Bouaziz Aït-Chebib et Farid Djennadi, était présents à ce rendez-vous d’Ighrem Kamel Chetti, le Président du Conseil régional de Béjaia et Séti, Mouloud Younsi, Nadir Chelbabi, membre du CRBS, et le Président de la coordination locale d’Akbou, Rahim Arrezoug.

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