lundi 5 janvier 2015

 

Said Sadi a-t-il franchi une ligne rouge ? Si oui, laquelle ?

Contribution de Kader DAHDAH
 

Le Parquet d’Alger qui n’a jamais osé ouvrir une enquête même si les 3/4 des Algériens se faisaient assassiné ou encore moins diffamés par X ou Y, n’a pas mis longtemps à réagir aux propos de Saïd Sadi sur Ahmed Ben Bella, Ali Kafi et Messali El Hadj tenus il y a quelques jours à Sidi Aïch, dans la wilaya de Béjaïa.

05/01/2015 – 10:15 mis a jour le 05/01/2015 – 10:15 par Kader Dahdah

 

En ouvrant une enquête, le procureur de la République a qualifié les déclarations de l’ancien chef du RCD de « propos diffamatoires ». 
Les même propos qu’à tenu Sadi sur le rôle de ces personnalités pendant la révolution ont été déjà dits avant lui par Nordine Ait Hammouda, Said Abadou et bien d’autres mais ils n’ont jamais suscité de réaction de la justice Algérienne.

De leur vivant, Ahmed Ben Bella et Ali Kafi ne rataient aucune occasion pour s’attaquer violement à Abane Ramdane et Krim Belkacem, deux grandes figures Kabyles de la révolution.

« Les propos diffamatoires » pour reprendre les termes de ce procureur qu’ils soient tenus par des Kabyles à l’encontre des révolutionnaires arabes Algériens ou bien par des arabes algériens contre des révolutionnaires kabyles ne dérangeaient jusque là personne !

Alors quelle mouche a piqué ces décideurs pour actionner cette « justice aux ordres »par l’intermédiaire de ce procureur ?

Revenons à Said Sadi et à ses conférences tenues dans plusieurs villes Kabyles pour comprendre les tenants et les aboutissants de cette diversion politique.
Dans sa tournée – conférences, il explique le contenu de son remarquable ouvrage « Amirouche, une vie deux morts un testament » il raconte la haine le racisme que subit la Kabylie avant, pendant et après la révolution. Jusque là tout va bien, Sadi est dans son élément, il est dans son vrai rôle, c’est même la raison de son existence politique.

Il est ainsi permis aux hommes politiques Kabyles de crié « au loup » à l’antikabylisme de l’Algérie mais il ne leur est jamais permis de dire ou de proposer des solutions pour mettre fin à cet antikabylisme ou comment arrêter les souffrances et l’oppression que subissent les Kabyles sur leur propre terre.

Avant d’arriver à Sidi Aich, il a tenu pratiquement les même propos à quelque chose près à Tizi, à Azazga, à Akbou, sans aucune réaction. Mais ce n’est qu’en répondant à Sidi Aich à une question sur le projet de l’autonomie de la Kabylie où il a dit qu’il est « enchanté » par le « Manifeste pour la reconnaissance constitutionnelle d’un statut politique particulier de la Kabylie » qu’il a touché le point névralgique de certains cercles raciste du pouvoir Algérien. Cette « mauvaise » réponse est pour eux la ligne rouge que les hommes politiques Kabyles agréés dont Said Sadi ne doivent jamais franchir.

C’est ainsi que le clan du pouvoir le plus hostile à la Kabylie a mis les projecteurs sur la déclaration de Said Sadi relative à la « trahison » de Messali et de Ben Bella (ce dont on a l’habitude d’entendre depuis l’indépendance) pour masquer celle où il défend l’idée d’un statut spécifique à la Kabylie.

Said Sadi ne sera pas inquiété par des poursuites judiciaire en diffamation d’ailleurs, lui-même, il persiste et défend ses déclarations sur la trahison de Messali et de Ben bella mais pas celles relatives à l’autonomie de la Kabylie. Il sera certainement sermonné gentiment et prié de ne plus répondre à ce type de question.
Il faut rappeler qu’il a simplement répondu à la question qui lui a été posée mais il n’a en aucun cas abordé le sujet de l’autonomie de lui-même.

La bonne question qu’il faut se poser est la suivante : En répondant ainsi à cette question sur l’autonomie de la Kabylie, Said Sadi est-il réellement pour un statut constitutionnel spécifique pour la Kabylie ou bien a-t-il répondu de la sorte par courtoisie et politesse pour faire plaisir aux nombreux Kabyles présents ? L’avenir nous le dira bientôt.

Kader DAHDAH.

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