mercredi 14 janvier 2015

 

L’ingratitude de la République, et la Kabylophobie officielle de la France
Soumis par Mazigh le Kabyle le mar, 2015-01-13 22:00

      
Il a fait gris cet après-midi à Paris, le ciel a daigné verser quelques larmes pour accompagner dans sa dernière demeure un oublié de l’attentat sur Charlie Hebdo, la semaine dernière.

Mustapha OURRAD, Kabyle de naissance, mais tellement humain d’espérance, n’a pas eu droit aux égards qu’ont eu ses malheureux compagnons d’infortune, même dans la mort.


Les journaux télévisés ou radiophoniques ont, dès hier soir, couvert très largement les « modalités » des obsèques des malheureux assassinés de l’Hyper Casher. Correspondants, analyses, conclusions, suppositions, emplacements dans les cimetières, et surtout dates et coordonnées exactes de toutes les cérémonies… Notre ami Mustapha, rien! A croire qu’il faisait partie du groupe des barbares qui ont exécuté les macabres forfaits, et même ces derniers ont eu droit à leur quart d’heure de gloire sur les écrans racistes.


Rien? Pas tout à fait, du fait que BR Tizi était présente avec une caméra et son unique, et France25 venue couvrir l’événement comme si celui-ci concernait l’étranger ou s’était produit a l’étranger et non sur le territoire français, au cœur de Paris.


Mais la République était trop occupée aux invalides à rendre hommage à ses indigènes fidèles depuis toujours. Cette République qui a toujours vécu dans l’indifférence envers tout ce qui est Kabyle, dont elle garde encore la haine et le mépris intacts depuis le 18ème siècle. La République n’oublie rien, la République est rancunière, la République de Venge enfin!


Elle tourne donc le dos au Kabyle, honoré par la Kabylie et les Kabyles, malgré tout. Mustapha Ourrad est mort pour que vive la liberté d’expression universelle.


Ce Nietzschéen qui ne vous pas l’homme à travers un prisme réducteur savait dans doute les risque qu’il prenait en s’engageant comme correcteur dans Charlie Hebdo, mais devrait être loin de deviner le mépris qu’il est entrain de subir après son assassinat, pourtant, dans la même enceinte que ses copains et collègues qui ne quittent pas les écrans ni les radios depuis le funeste drame.


Il est vrai que les hommages rendus par la diaspora Kabyle à Paris aujourd’hui manquait d’images exotiques ou violentes, il n’y avait ni turbans, ni voiles de la honte, encore moins des terroristes en devenir, et à ce titre, la République pouvait nous ignorer…


Mustapha n’est sans doute pas au bout de ses peines en se voyant drapé dans un linceul islamique, lui, qui a été assassiné par des islamistes pour non conformité avec leurs règles et celles de leurs prétendus prophète et dieu!


Ainsi va la vie même après la mort, surtout après la mort, où la raison subit un tel effondrement qu’elle aveugle jusqu’au plus raisonnable d’entre nous. Mais la ségrégation que pratique la République à l’endroit des Kabyles, même morts, est indigné de son propre esprit. Et tant qu’elle sera ainsi injuste et faussement opportuniste, je ne lui vois, personnellement, aucun avenir prometteur, bien au contraire…


Subir l’ostracisme et le racisme de la part des obscurantistes, apprentis terroristes ou dictatures, me paraît chose presque normale, mais subir tout cela de la part d’un système qui se veut égalitaire et humain relève d’une schizophrénie intellectuelle.


L’oublié des hommages républicains, l’oublié volontaire de la république du fait de sa Kabylité, sera t-il oublié par ses propres désormais ex-collègues par le fait de la barbarie?

Réponse demain mercredi 14 janvier 2015 pour la première de ce journal post attentat…

Hommage à Mustapha OURRAD

Beaucoup de courage à sa famille

Mazigh, le Kabyle

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