Gaz de Schiste

Un danger mortel pour l’homme et son environnement

De Tizi-Ouzou, Saïd Tissegouine, pour Tamurt.info

Il n’est un secret pour personne que le Gaz de schiste constitue un danger mortel pour l’homme et son environnement. En dépit de cette connaissance planétaire, le pouvoir algérien, on ne sait par quelle logique il est motivé, veut vaille que vaille creuser des puits à In Salah pour extraire du ventre de la terre cette ressource énergétique.

24/01/2015 – 01:00 mis a jour le 23/01/2015 – 13:52 parSaïd Tissegouine

 

Les habitants de In Salah et de ses environs, loin d’être dupes s’opposent tant qu’ils peuvent à la programmation de leur mise à mort. Après avoir vainement essayé de les convaincre de l’inexistence de danger pour leur santé puisque la science reste toujours fidèle à elle-même, car jusqu’à présent le danger du Gaz de schiste est prouvé par la science, le pouvoir d’Alger semble opter alors pour l’intimidation.
C’est dans ce sens, selon bien des observateurs, que le directeur général de la sûreté nationale, le Général Hammel, s’est déplacé la semaine dernière dans cette région du pays où il a rencontré les notables et les dignitaires. Il se trouve cependant que même lorsqu’on est dignitaire et à la solde du pouvoir, on ne peut accepter aucun marchandage puisque c’est la mort, rien que la mort, qui est attendue comme monnaie.

Nous devons relever avant d’aller plus loin que le Général Hammel a étudié la science de la guerre et non la science médicale ou biologique. L’homme a dirigé durant de longues années la Garde républicaine algérienne avant d’être désigné à la tête de la police nationale.
En d’autres termes, il n’est aucunement de la compétence du général Hammel de prendre langue avec les habitants de In Salah sur ce dossier portant Gaz de schiste. Il n’est pas non plus un diplomate. Réitérons-le : le Général Hammel, d’après ce qui se dit sur son profil, est un excellent théoricien en matière de stratégie militaire et sécuritaire, mais rien de plus. Quant aux effets positifs ou négatifs du Gaz de schiste, seuls les experts de la science médicale et les spécialistes de la protection de l’environnement sont compétents pour s’y prononcer. Or, jusqu’à présent, aucune compétence environnementale indépendante ne s’est prononcée sur cette question. Les médecins non plus.

En ce qui nous concerne, nous nous basons donc sur les témoignages et les constats faits ailleurs sur les effets du Gaz de schiste. Tout d’abord, il y a lieu de rappeler que le président de la république française, François Hollande, a déclaré publiquement, déclaration transmise en direct par les chaînes de télévision françaises lesquelles sont très bien captées en Afrique du Nord, donc en Kabylie aussi, que durant son mandat présidentiel, il n’acceptera en aucun cas le recours à l’exploitation de Gaz de schiste en France. Et ce n’est certainement pas sournoiserie que François Hollande a refusé l’exploitation de Gaz de schiste en France, mais plutôt désireux d’éviter une catastrophe écologique à son pays. Pourtant, la France, étant un pays très industrialisé, consomme beaucoup d’énergie. A cela s’ajoute le fait que le sous-sol français ne regorge pas de pétrole comme l’Algérie, la Libye, l’Arabie-Saoudite, etc.

En d’autres termes, s’il y a un pays devant faire recours à l’exploitation du gaz de schiste, c’est bien un pays industrialisé et non producteur de pétrole comme la France. En revanche, les Etats-Unis d’Amérique font recours à l’exploitation de Gaz de Schiste par contrainte. Ce qu’ils importent comme pétrole pour faire fonctionner l’industrie nationale coûte une fortune. L’industrie américaine est si forte et si variée que le besoin national en énergie est si grand. Donc, c’est par souci de faire réduire un tant soit peu la facture d’importation en énergie que nos amis américains ont décidé d’extraire le gaz de schiste. Et c’est la mort dans l’âme qu’ils le font. Les conséquences de l’exploitation du Gaz de schiste n’ont pas tardé à se traduire sur le terrain.
En effet, les citoyens américains habitant les alentours des puits de Gaz de schiste sont des milliers à traîner un cancer. Ils sont encore des millions condamnés à consommer de l’eau minérale traitée car les nappes phréatiques sont polluées ; donc l’eau du robinet ou de la source est impropre à la consommation. L’herbe poussant dans des prés et des prairies se trouvant dans les rayons de ces puits est aussi contaminée. Sa contamination est telle que chevaux, bovins, ovins, caprins, porcs, etc, sans compter la faune sauvage ont trouvé la mort après consommation. Beaucoup de fermiers et éleveurs ont été ruinés suite à la pollution de leur environnement. Les viandes, laits et dérivés produits dans les fermes se trouvant à un rayon de plus de 100 Km d’un puits de Gaz de schiste sont déclarés comme produits impropres à la consommation. Qu’en est-il en Algérie ?

Les adeptes de l’exploitation du gaz de schiste rétorquent tout bêtement : aujourd’hui la science et les techniques d’exploitation de Gaz de schiste connaissent une avancée considérable. Ahurissant ! Est-ce à soupçonner que les Algériens, aussi scientifiques soient-ils, maîtrisent la science aussi bien que les Américains et les Français ?
Même un aliéné mental ne peut être effleuré par ce soupçon. Ils se trouvent justement que les Américains eux-mêmes, c’est-à-dire ceux-là même travaillant au sein des entreprises spécialisées dans l’exploitation de gaz de schiste, reconnaissant l’existence d’un réel danger du gaz de schiste. Nos cadres et ingénieurs travaillant encore ou ayant travaillé à la Sonatrach n’hésitent pas à qualifier de folie le recours au Gaz de schiste. « Non seulement, témoignent-ils à l’unanimité, le Gaz de schiste constitue un réel danger l’homme et l’environnement, mais aussi nous ne voyons pas la nécessité de recourir à cette énergie puisque le pétrole traditionnel que nous avons connu jusqu’à maintenant se trouve encore en abondance dans le sous-sol du Sud ». « Personne ne peut avancer avec exactitude la quantité encore existante dans le sous-sol, mais à parier que moins de 20% sont extraits jusqu’à maintenant », ont souligné encore nos interlocuteurs.

A la question de savoir si réellement dans 30 ans, le pétrole serait épuisé dans le sous-sol du Grand Sud comme le prétendent certains experts, nos interlocuteurs répondent que ceux qui prétendent que le pétrole sera épuisé dans 30 ou 40 ans, ou même dans 100 ans sont des menteurs. Revenant plus précisément à la question du Gaz de schiste, ces cadres de la Sonatrachdéfendent l’idée qu’il faut absolument surseoir à cette idée diabolique puisque l’Algérie n’est nullement dans le besoin de faire recours à des solutions extrêmes. « Quant il n’ y aurait plus de pétrole que nous connaissons jusqu’à maintenant dans le sous-sol, il serait alors logique de faire recours au gaz de schiste », ont-ils conclu.
Il se trouve que la question fondamentale se posant aujourd’hui est de savoir si le pouvoir d’Alger compte retrouver la sagesse ou reste déterminé à poursuivre son aventure laquelle ne sera que désastreuse.

De Tizi-Ouzou, Saïd Tissegouine, pour Tamurt.info

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