samedi 9 mai 2015

Contribution/ Il a habitué la Kabylie à l’horreur : Saïd Sadi, quelques signes de folie

 

Contribution/ Il a habitué la Kabylie à l’horreur : Saïd Sadi, quelques signes de folie

 

CONTRIBUTION/ IL A HABITUÉ LA KABYLIE À L’HORREUR : SAÏD SADI, QUELQUES SIGNES DE FOLIE

09/05/2015 – 14:32

 

KABYLIE (SIWEL) — Lors d’un déplacement en France, Saïd Sadi a animé une rencontre avec la diaspora, lors de laquelle il a appelé les Kabyles à renverser le pouvoir de Bouteflika. Sadi, devenu simple militant du RCD, a estimé qu’aucun autre projet politique n’est valable, sauf celui qu’il mène avec les islamistes algériens contre Bouteflika. Un des militants du MAK a réagi aux déclaration de Sadi, nous reprenons sa contribution dans son intégralité.

 

Sadi avec Ali Djeddi, son nouvel allié. PH/DR

Sadi avec Ali Djeddi, son nouvel allié. PH/DR
Par : D. M

La malhonnêteté en politique n’a pas de limites. On pensait qu’avec des hommes qui se sont embarqués dans le wagon de notre histoire, plusieurs fois millénaire, ils auraient un peu plus d’égard pour ce peuple qui les a élus pour écrire son glorieux passé et guider vers l’espoir son présent. Mais faisant appel à sa spécialité de psychiatre, qu’il n’a au demeurant jamais pratiquée, Monsieur Said Sadi a qualifié le mouvement kabyliste de désespéré : « Le structurer, c’est structurer le désespoir », a-t-il avancé dans une conférence tenue récemment dans l’Hexagone. Il aurait, en outre, ajouté que le cheminement du MAK/GPK « est sans issue »… Sadi est libre de ses choix politiques, de ses orientations et de celles de ses fidèles. Mais il n’a aucun droit d’insulter un peuple qui a choisi sa destinée. Si, selon lui, le peuple kabyle est malade, sa maladie se serait alors manifestée, justement, le jour où il l’a élu à la tête d’un parti qui, à l’époque, incarnait l’espoir de toute une génération de kabyles. Contrairement aux affirmations mensongères distillées ici et là, l’espoir incarné par le RCD n’a pas été l’œuvre de Sadi, mais des autres fondateurs et militants qui tous ont fini par le quitter. Aujourd’hui désespéré par cette Kabylie qui lui échappe, Sadi fait feu de tout bois pour tenter de continuer à faire de la Kabylie son faire-valoir et de peser, pense-t-il, sur un échiquier politique algérien dont il sait pourtant la nature foncièrement anti-kabyle. Il sait, lui qui s’est « trompé de société » qu’entre la Kabylie et l’Algérie, crée par la France coloniale et façonné par l’arabo-islamisme, ce sont des siècles d’histoire les séparent. Mais à cette époque, il pensait pouvoir drainer les Algériens derrière des idéaux kabyles, à savoir la laïcité et la démocratie. Force lui a été de constater que la Kabylie n’était pas l’Algérie. Sa célèbre phrase prononcée au début de sa carrière officielle d’homme politique vaut son pesant d’or car, dépité par cet échec à drainer l’Algérie derrière les idéaux portés par la seule Kabylie, il avait commencé à insulter ces Algériens qu’il veut défendre aujourd’hui contre la Kabylie. Le désespoir qu’il évoque c’est justement son échec à lui, succédant en cela aux « échecs recommencés » de cette Algérie qui a le besoin impérieux de tuer la Kabylie pour exister en tant que Nation arabe et islamique…sauf que la Kabylie résiste farouchement à la mort qu’on lui a programmée. Ses tentatives avortées de mobiliser les Algériens autour de son funeste projet en sont la preuve ; tout comme son soutien à Bouteflika et à la Concorde civile en 1999, quatre mois à peine après avoir appelé au boycott de la dernière fraude du siècle qui avait élu celui-là même qu’il soutenait ensuite pour absoudre les criminels islamistes, est incontestablement un signe de maladie psychiatrique grave. Les braves militants du RCD, fauchés par les terroristes islamistes hantent encore nos nuits. L’image cauchemardesque du représentant personnel de Bouteflika aux funérailles d’Al Assad est encore un autre et grave signe de pathologie psychiatrique.

 

 

Avec Nezzar et Haroun, lorsque travaillé pour junte militaire  était pour lui un signe de résistance. PH/DR

Avec Nezzar et Haroun, lorsque travaillé pour junte militaire était pour lui un signe de résistance. PH/DR

Son échec en 2004 après avoir juré que Bouteflika ne passerait pas parce qu’il avait eu « des garanties » est aussi un cinglant camouflet pour lui qui disait dans un meeting au stade Oukil Ramdane : « Cette fois-ci, je vous donne ma parole, Bouteflika ne passera pas, j’ai eu des garanties ». Quelles étaient donc ces garanties et qui, dans un pays comme l’Algérie, dirigé par une bande de criminels maffieux, est en mesure de les lui donner à part eux justement ? L’histoire de Sadi avec les services algériens n’est pas nouvelle. Elle remonte à son séjour en prison dans le cadre de l’affaire dite des droits de l’homme entre 1985 et 1988. D’abord, il était le seul à qui le pouvoir de Chadli avait permis de poursuivre ses études en le rapatriant de Tazoult-Lambèse où ses codétenus étaient parqués. D’autres détenus, comme Arezki Ait Larbi, alors étudiant en médecine n’avait pas eu ce privilège. Pourquoi ? Sadi ne répondra jamais à cette question, mais il dira que lors de la soutenance de sa thèse de doctorat, des voix marginales ont contesté la tenue de la soutenance. Boucebsi aurait déposé sa démission pour contester cet état de fait. Sadi n’était pas à sa première trahison. Il avait auparavant rencontré Ait Ahmed auquel il avait fait miroiter que tous les militants de l’époque étaient sous sa coupe. A la création du RCD, force et de reconnaître que tous les autres militants des années 70 et 80 étaient favorables à la création d’une deuxième voie en Kabylie, mais seul Sadi avait fixé comme objectif de surpasser son ancien maître, Hocine Ait Ahmed. Rumeurs, intox, tribalisme…, étaient les maîtres mots de son discours. Il s’en prenait avec excès aux Marabouts, sous prétexte qu’ils sont au pouvoir. Plus de deux décennies après, quoi que l’on puisse en dire, le nom d’Ait Ahmed resté gravé en dans les annales du combat démocratique, Sadi, le sien est associé à la versatilité, au mensonge et au reniement. Quant à son alliance avec les islamistes, dont certains sont dits « modérés » tandis que d’autres, terroristes notoires, sont dit « repentis », cela s’ajoute sans l’ombre d’un doute aux registres des maladies orphelines. Lui qui disait en 1990 « L’islamisme c’est comme la mort, on ne fait l’expérience qu’une seule fois » ; lui qui considérait en 1995 que « Sant’Egidio est une haute trahison car on ne discute pas avec l’islamisme, on le combat » et encore lui qui disait en 1997 « On ne s’assoit pas à la même table que les islamistes, car il n’y a pas d’islamistes modérés, être islamiste c’est être opposé de fait à la démocratie », le voilà aujourd’hui allié à quatre partis islamistes, El Islah, Le MSP, Ennahdha, le FJD (front pour la justice et le développement), à un parti arabiste, Jil Jadid, comme son nom l’indique, sans oublier les terroristes repentis Guemazzi, Boukhemkhem et Ali Djeddi et leur idéologue islamiste terroriste Ali Benhadj. Et c’est là, « docteur » que se trouve la structuration du désespoir.

dm
SIWEL 09 1336 MAI 15

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